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בס״ד

Kavod HaTorah — Centre Breslev francophone de Hadera

KAVOD HATORAH N°07, Parashat ’Houkat

Centre Breslev Francophone de Hadera

Rabbi Nahman a dit : “ Mon feu brûlera jusqu’à la venue de Machia’h”

N°07

19-20 juin 2026

5 Tamouz 5786

’HOUKAT

Horaires de Chabat :

(Hadera)

Entrée : 19h21

Sortie : 20h22

PARACHAbasé sur les enseignements de Rabbi Nahman de Breslev

La Emouna : parler au Rocher

Dans la Parachat ’Houkat, Hachem ordonne à Moché Rabbénou : קַח אֶת הַמַּטֶּה... וְדִבַּרְתֶּם אֶל הַסֶּלַע לְעֵינֵיהֶם וְנָתַן מֵימָיו — « Prends le bâton… et vous parlerez au Sela devant leurs yeux, et il donnera ses eaux » (Bamidbar 20, 8). Pourquoi la Torah insiste-t-elle sur le fait de parler au Sela ?

David HaMelekh nous donne peut-être une clé de compréhension lorsqu’il déclare : ה׳ סַלְעִי וּמְצוּדָתִי וּמְפַלְטִי — « Hachem est mon Sela, ma forteresse et mon libérateur » (Tehilim 18, 3). Le Metsoudat David explique que le Sela est comparable à un rocher puissant sur lequel l’homme trouve refuge face à ses ennemis. Le Sela représente ainsi le refuge, l’endroit sûr, l’appui inébranlable. Lorsque le monde semble instable, lorsque les solutions humaines paraissent limitées, le Juif sait qu’il possède un refuge absolu : Hachem. Mais la Torah ajoute un détail fondamental. Hachem ne demande pas seulement de reconnaître le Sela. Il demande de lui parler.

Or, que représentent ces eaux qui doivent jaillir du Sela ? Nos Sages enseignent : אין מים אלא תורה — « L’eau ne désigne que la Torah » (Taanit 7a). L’eau représente la Torah, la connaissance d’Hachem, la vie spirituelle et le rapprochement du Créateur. Par ailleurs, la Guemara enseigne : שלשה מפתחות בידו של הקדוש ברוך הוא — « Trois clés demeurent dans la main du Saint béni soit-Il » (Taanit 2a). La première est : מפתח של גשמים — « La clé des pluies. » La pluie est la source de la vie, de la récolte, de la nourriture et de la subsistance. Elle représente la bénédiction qu’Hachem fait descendre dans le monde. Les eaux du Sela nous font donc penser à tout ce dont l’homme a besoin, aussi bien dans le domaine spirituel que matériel.

Le message de la Paracha devient alors lumineux : lorsque l’on a besoin des « eaux », il faut parler au Sela. Beaucoup de personnes ont la Emouna qu’Hachem peut tout faire. Pourtant, Rabbenou révèle que la émouna véritable ne consiste pas seulement à croire qu’Hachem est capable de nous aider. L’émouna consiste à se tourner vers Lui et à Lui parler. Rabbi Na’hman enseigne : כי האדם צריך להמשיך כל חיותו והצטרכותו מהשם יתברך על ידי תפילה ותחנונים דווקא — « L’homme doit attirer toute sa vitalité et tous ses besoins depuis Hachem précisément par la prière et les supplications » (Si’hot HaRan 233). Rabbenou ne dit pas seulement les besoins spirituels ou seulement les besoins matériels. Il dit : כל חיותו והצטרכותו — « Toute sa vitalité et tous ses besoins. »

Lorsqu’une personne a besoin de parnassa, elle doit évidemment travailler et faire les démarches nécessaires. Mais elle doit surtout parler à Hachem de sa parnassa. Lorsqu’une personne a besoin d’une guérison, elle doit consulter les médecins compétents. Mais elle doit surtout parler à Hachem de sa santé. Lorsqu’un parent s’inquiète pour l’éducation de ses enfants, lorsqu’un jeune homme cherche son zivoug, lorsqu’une personne traverse une épreuve ou recherche la paix dans son foyer, la première réaction d’un homme de foi n’est pas seulement de réfléchir ou de s’inquiéter. Sa première réaction est de parler à Hachem.

Plus encore, même dans la recherche de la sainteté, la règle reste la même. Dans le Likouté Moharan, Rabbenou écrit que l’homme doit : לבקש ולהתחנן מלפניו יתברך שיקרבו לעבודתו באמת — « Demander et supplier Hachem de le rapprocher de Son service en vérité » (Likouté Moharan II, 25). Combien de fois entend-on quelqu’un dire : « J’aimerais avoir plus d’émouna », « J’aimerais étudier davantage », « J’aimerais mieux prier », « J’aimerais ressentir plus de joie dans le service divin » ? Rabbenou nous enseigne que la première chose à faire n’est pas seulement d’essayer davantage. La première chose est de demander.

Demander la Emouna, demander la Torah, demander la concentration dans la prière, demander la joie, demander la téchouva, demander l’amour d’Hachem, demander le désir de Le servir. La véritable émouna se mesure peut-être à cela : lorsque quelque chose nous manque, vers qui nous tournons-nous en premier ?

La Paracha nous enseigne que toutes les eaux dont nous avons besoin se trouvent auprès du Sela, Hachem, notre refuge. Mais pour les faire jaillir, il faut parler. Parler à Hachem pour sa parnassa, parler à Hachem pour sa santé, parler à Hachem pour ses enfants, parler à Hachem pour son foyer, parler à Hachem pour sa Torah, parler à Hachem pour son émouna, parler à Hachem pour sa joie, parler à Hachem pour son service divin.

Plus l’homme comprend qu’Hachem est son refuge, plus naturellement il se met à Lui parler. Et plus il Lui parle, plus les eaux commencent à jaillir. C’est peut-être l’un des grands enseignements de cette Paracha : la véritable émouna ne consiste pas seulement à croire qu’Hachem peut tout faire. Elle consiste à vivre avec cette certitude au point de transformer touts nos besoins en prières.

SEFER HAMIDOT
  • Celui qui désire s’attacher à Hachem, au point de pouvoir s’élever par la pensée d’un palais spirituel à un autre et contempler ces palais avec les yeux de l’intellect, devra se préserver de dire le moindre mensonge, même involontairement, même par erreur.
  • Il est permis de modifier la vérité dans un but de paix.
  • Le groupe des menteurs ne mérite pas de recevoir la Présence Divine.
  • Il est permis aux justes d’user de ruse avec les gens rusés ou trompeurs.
LIKOUTE ETSOT
  • L’essentiel de la Délivrance dépend de la foi. Car l’essentiel de l’exil n’est dû qu’au manque de foi.
  • La foi, la prière, les miracles et la Terre d’Israël constituent une seule et même réalité spirituelle, et chacun dépend des autres.
  • Il existe des hommes qui recouvrent tous les miracles sous le voile de la nature. Lorsque ces épicuriens, qui ne croient pas aux miracles, disparaîtront et que la foi se multipliera dans le monde, alors viendra le Machia’h. Car l’essentiel de la Délivrance dépend de la foi...
LIKOUTE TEFILOTPrière pour mériter de parler avec Hachem

Ainsi, que telle soit Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, de me secourir et de me sauver dans Ton immense miséricorde, et de me faire parvenir à une véritable et grande joie dans Ton service. Comme il est écrit : « Servez l’Éternel avec joie » et « Réjouissez-vous avec tremblement ». Accorde-moi, dans Ta grande bonté, le mérite d’accomplir toutes les Mitsvot avec une joie immense et authentique. Que je ressente une profonde allégresse provenant de la Mitsva elle-même. Que je sois rempli de joie et de bonheur à chaque Mitsva que j’aurai le mérite d’accomplir grâce à Ta miséricorde. Que toute ma joie soit uniquement attachée à la Mitsva elle-même, et non à la récompense du monde futur. Préserve-moi également de toute pensée étrangère, à D.ieu ne plaise, qu’il s’agisse de rechercher les honneurs, l’estime des hommes ou tout intérêt lié à ce monde matériel. Que je mérite seulement d’accomplir toutes les Mitsvot avec une immense joie puisée dans la Mitsva elle-même.

Que tout mon monde futur soit contenu dans la Mitsva elle-même, au point de ne désirer aucune autre récompense pour son accomplissement. Que toute ma rétribution consiste uniquement dans le mérite d’accomplir une autre Mitsva en récompense de la précédente, conformément à l’enseignement de nos Sages de mémoire bénie : « Le salaire d’une Mitsva est une Mitsva. »

Que je mérite de m’attacher à Toi et de m’inclure en Toi par le biais de Tes saintes Mitsvot, qui procèdent de Ton unité. Qu’ainsi s’accomplisse à notre égard le verset : « Que l’Éternel se réjouisse de Ses œuvres » et « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur ».

Réjouis-nous en nous accordant le mérite d’accomplir ce qui est bon à Tes yeux. Que nous soyons dans l’allégresse et que notre joie se trouve en Toi. Aide-nous, dans Ton immense bonté, à faire descendre vitalité, abondance, bénédiction et bienfaits par l’accomplissement de nos Mitsvot dans une grande joie, sur nos 248 membres et nos 365 tendons, sur le monde entier et sur toute l’année. Que les trois dimensions de la création — le monde, le temps et l’âme — reçoivent toutes vie, abondance, bénédiction, sainteté et pureté grâce à nos Mitsvot accomplies dans une grande joie.

OTSAR HABA’AL CHEM TOVTrésors du Baal Chem Tov

Quand la matérialité est mise au service de la spiritualité, cela accomplit l’union d’Hakadoch Baroukh et sa Chekhina

“Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le” (Kohelet 9,10), lorsque l’on rattache une action matérielle à un but spirituel, cela produit une unification spirituelle d’Hakadoch Baroukh Hou et de Chékhina...(Toldot Yaakov Yossef, Lekh Lekha 56,2)

Quand la matérialité est mise au service de la spiritualité, on peut annuler des mauvais décrets

“Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le” (Kohelet 9,10), lorsqu’un homme accomplit une action matérielle et l’élève en la reliant, par sa pensée, à la conscience divine supérieure, il provoque l’union du Saint Béni soit-Il et de Sa Présence Divine. Grâce à cette union, il peut annuler les mauvais décrets. (Tsavaot Meriba”ch, Chaar 49)

Même au marché il faut parler avec Hachem

“On l’a vue parler avec un homme au marché” (Ketoubot 13A), car même lorsque nous nous trouvons au marché et vaquons aux occupations de ce monde la, dans tous les cas il faut parler avec l’Unique (Hachem). (Ben Porat Yossef, Hayé Sarah 41,4)

HISTOIRE HASSIDIQUE

Le Baal Chem Tov et la source cachée

Un jour, le saint Baal Chem Tov invita son grand disciple, Rabbi Yaakov Yossef HaCohen de Polana, auteur du Toldot Yaakov Yossef, à l’accompagner lors d’un voyage hors de la ville. Plusieurs autres membres de la sainte confrérie se joignirent également à eux.

Le voyage se prolongea plus que prévu. Sur le chemin du retour, alors que le soleil commençait déjà à décliner vers l’horizon, ils s’arrêtèrent à proximité d’une forêt afin de réciter la prière de Min’ha avant l’expiration du temps prescrit. Comme il en avait l’habitude avant la prière, le Baal Chem Tov demanda de l’eau pour se laver les mains. Mais à leur grande surprise, on s’aperçut que toute l’eau emportée pour la route avait été consommée.

Les disciples se dispersèrent aussitôt dans toutes les directions. Ils fouillèrent les sentiers, scrutèrent les creux du terrain, explorèrent les alentours de la forêt, espérant découvrir un puits, un ruisseau ou la moindre source d’eau. Mais leurs efforts furent vains. Essoufflés et découragés, ils revinrent finalement auprès de la charrette les mains vides. Le temps passait.

Le Baal Chem Tov leva les yeux vers le ciel et comprit que le moment de Min’ha touchait à sa fin. Sans prononcer un mot, il tourna le dos à ses compagnons et s’enfonça seul dans l’épaisseur de la forêt. Un profond silence s’abattit sur le groupe.

Personne n’osa le suivre. Personne, sauf Rabbi Yaakov Yossef, qui, mû par un profond attachement à son maître, se mit discrètement à marcher derrière lui, à distance respectueuse. Au cœur de la forêt, dans la pénombre qui régnait sous les arbres, le Baal Chem Tov s’arrêta.

Il retira son bâton de sa main et l’appuya contre le tronc d’un arbre. Puis, soudainement, il se jeta de tout son long sur le sol. Rabbi Yaakov Yossef demeura figé.

Jamais il n’avait assisté à une telle scène. Ce n’était pas une simple prière. C’était une supplication jaillissant des profondeurs de l’âme. Le Baal Chem Tov s’étendit sur la terre avec une totale abnégation, comme un homme qui remet son existence entière entre les mains du Créateur.

Quelques instants plus tard, une plainte bouleversante s’éleva entre les arbres.

Les paroles du Baal Chem Tov, mêlées aux larmes, atteignirent les oreilles de son disciple : « Maître du monde ! Je Te supplie et je T’implore devant Ton Trône de Gloire. Dans Ton immense miséricorde, accorde-nous de l’eau afin que nous puissions nous préparer à la prière de Min’ha. Et si cela n’est pas accordé, mieux vaut pour moi mourir que vivre ! Prends mon âme, Maître du monde, mais ne me laisse pas, à D.ieu ne plaise, manquer aux paroles de nos Sages de mémoire bénie ! »

Rabbi Yaakov Yossef sentit tout son être frémir. Son cœur battait avec force. Jamais il n’avait vu une telle intensité dans le service divin. Jamais il n’avait vu un homme prêt à donner sa vie pour accomplir avec perfection la volonté d’Hachem. Après quelques instants, le Baal Chem Tov se releva. Il essuya les larmes qui coulaient sur son visage, reprit son bâton et retourna paisiblement vers la charrette, comme si rien d’extraordinaire ne s’était produit.

Lorsqu’ils arrivèrent près des autres voyageurs, tous aperçurent alors un spectacle stupéfiant. À seulement quelques pas de la charrette, tout près d’eux, jaillissait doucement une source d’eau vive.

Le Baal Chem Tov sourit et déclara avec légèreté : « Ils ont des yeux et ne voient pas… Voici qu’une source coule juste à côté de nous, et nous la cherchions au loin ! »

L’étonnement fut immense. Tous se hâtèrent de se laver les mains et se préparèrent à la prière. Mais parmi eux, un seul connaissait toute l’histoire. Un seul avait été témoin de ce qui venait de se dérouler au cœur de la forêt. Rabbi Yaakov Yossef comprit alors que la grandeur du Baal Chem Tov ne résidait pas seulement dans les miracles qui l’accompagnaient, mais dans l’intensité de son attachement à Hachem et dans son extraordinaire crainte du Ciel. Toute sa vie, il demeura profondément marqué par cette scène. Et il révéla plus tard que ce fut l’une des raisons majeures qui le poussèrent à s’attacher de tout son être au Baal Chem Tov et à devenir l’un de ses plus proches disciples.

Quant à cette source bénie, la tradition rapporte qu’elle continue de faire jaillir ses eaux jusqu’à ce jour.

NAASSÉ VENICHMAExplications sur les Halakhots

Pourquoi chante t on “Chalom Alekhem” le vendredi soir avant le Kiddouch ?

Nos maitres nous rapportent dans le Talmud (Chabbat 119B) : « Rabbi Yossi dit, au nom de Rabbi Yéhouda : deux anges de service accompagnent l’homme le soir de Chabbat, depuis la synagogue jusqu’à sa maison : un ange bon et un ange accusateur. Lorsque l’homme arrive dans sa demeure et trouve les bougies du Chabbat allumées, une table préparée, et le lit prêt, l’ange bon dit : « Qu’il en soit ainsi Chabbat prochain ! » - et l’ange accusateur répond : « Amen », malgré lui ! A l’inverse, si la maison n’est pas prête pour Chabbat, l’ange accusateur dit: « Qu’il en soit ainsi Chabbat prochain ! » - et l’ange bon de répondre : « Amen », malgré lui ! »

Nous devons savoir que cet ange accusateur est le Samekh Mem = "le mauvais penchant", qui est également l’ange protecteur d’Essav.

Nous apprenons également du "Maguen Avraham" - décisionnaire et commentateur du Choul’han Aroukh - que ces deux anges de service restent dans la maison durant tout le Chabbat, jusqu’à sa sortie. (Ora’h Haim 262)

Lorsque Yaacov Avinou combattit l’ange d’Essav - qui est le mauvais penchant - l’ange lui dit : « Laisse-moi partir car le matin s’est levé. » Yaacov lui répondit : « Je ne te laisserai pas partir, sauf si tu me bénis. » (Berechit 32,27)

Rachi nous enseigne que Yaakov demande à l’ange : “ confirme moi les bénédictions données par mon père (NDA : Its’hak), mais contestée par Essav”. L’ange d’Essav fut contraint malgré lui d’acquiescer, comme il est écrit : « Il le bénit là-bas.» (Berechit 32,30)

De la même façon que Yaacov refusa de laisser partir l’ange d’Essav jusqu’à ce qu’il reconnaisse et confirme les bénédictions accordées par Its’hak Avinou, ainsi en est-il de même, lorsque les deux anges arrivent dans notre maison le soir de Chabbat : nous ne libérons pas l’ange accusateur jusqu’à la sortie de Chabbat, avant qu’il ne reconnaisse que les bénédictions d’Its’hak à son fils Yaacov s’appliquent également à nous ! (C’est pourquoi certains on la coutume de ne pas dire “Betsetkhem lechalom”)

Aussi, lorsque nous disons : « Et que D.ieu te donne de la rosée du ciel... » (après la havdala) nous commençons une nouvelle semaine dans la bénédiction. Telle est la raison de cette coutume.

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